Mon discours de meeting du 6 juin 2017.

le

DSCN0156

Il fallait le dimanche 7 mai 2017, barrer la route de la Présidence de la République à Marine Le Pen et empêcher que l’extrême droite ne s’empare des leviers de l’Etat.

C’est chose faite.

Nous y avons contribué dans la clarté, avec courage, sans rien céder de nos valeurs et de nos combats d’hier et de demain contre celui qui vient de prendre possession de l’Elysée : le candidat libéral que se sont choisis les milieux financiers : Emmanuel Macron.

Son élection ouvre la porte à de très graves dangers pour notre pays.

En même temps, le score réalisé par notre candidat au premier tour : Jean-Luc Mélenchon montre un potentiel considérable de résistance et de reconstruction d’une espérance nouvelle à gauche. Cette espérance est porteuse un projet émancipateur, articulant démocratie, progrès social et écologie pour la société.

Oui, nous avons porté cette candidature. Nous l’avons fait selon nos habitudes, en nous engageant totalement. Pour preuve, le nombre des parrainages nécessaires à la candidature que chacun pourra vérifier sur le site du Conseil constitutionnel : sur les 666 parrainages obtenus, 482 viennent du Front de Gauche et du Parti communiste. 100% des parrainages de cette circonscription viennent du Front de Gauche et du Parti communiste.

Concernant les résultats du 23 avril, ceux qui veulent bien prendre la peine de se pencher sur une analyse objective des résultats, verront que ce sont dans les communes où notre implantation est ancienne et forte que les résultats sont les meilleurs. Premier à Castelnau de Guers, commune dirigée par notre ami et camarade Jean-Charles Sers. C’est aussi la commune où le score du FN est le plus faible. Premier à Pézenas où nous avons toujours œuvré pour le rassemblement au sein du groupe : Pézenas la plurielle, deuxième partout ailleurs à l’exception d’Agde où il termine à la quatrième place avec 2862 voix. A noter qu’à Sète, Mélenchon arrive en tête dans huit bureaux de vote, ce sont ceux des quartiers les plus populaires.

En politique comme ailleurs, il n’y a pas de génération spontanée. C’est bien tout le travail militant effectué au quotidien qui a porté ses fruits et toute la volonté de rassemblement que nous avons portée depuis toujours dans cette ville et dans cette circonscription.

L’espoir existe, nous ne partons pas de rien. Nous avons largement contribué à créer un courant populaire porteur de cette espérance.

Désormais, tout va se jouer aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Quels sont les enjeux de cette élection ?

Pour une fois, il est clairement désigné dans la campagne des forces réactionnaires, conservatrices et libérales ainsi que par les projets annoncés de ce gouvernement très marqué à droite. L’enjeu c’est bien la démocratie sociale.

Celle la même que nos ainés ont réussi par leur lutte à mort contre les Nazis et les fascistes de tout poil à faire inscrire dans la constitution de 1946 et que personne n’a pu empêcher de figurer dans celle de 1958.

Permettez-moi ici de prendre quelques minutes pour rappeler qui nous sommes et d’où nous nous venons. Permettez-moi de le faire en cette période où beaucoup de gens de la droite extrême à la gauche qui se décrète révolutionnaire use et abuse du souvenir volontairement tronqué et falsifié du CNR et de son programme : « les jours heureux ».

1944 : droit de vote des femmes : Fernand Grenier

1945 : Création de la Sécurité sociale : Ambroise Croizat

1946 : nationalisation de l’énergie, charbonnages, électricité et gaz de France : Marcel Paul déporté à Auschwitz dans le convoi des tatoués d’avril 1944

1947 : statut de la fonction publique : Maurice Thorez

Juin 1947 : Massification de l’enseignement secondaire : Langevin –Wallon

Voulez-vous d’autres noms. Allez au pif : Picasso, Fernand Léger, Aragon, Eluard, Jean Ferrat….et plus récemment Josiane Balasko que je remercie ce soir pour la sincérité de son hommage aux combats que nous portons depuis près de 100 ans maintenant.

Un petit mot pour ceux qui ont défendu cette démocratie sociale Georges Séguy déporté à Mauthausen, Henry Krasucki déporté à Auschwitz. Voilà qui nous sommes, voila les valeurs que nous portons et je mesure l’honneur et la responsabilité qui sont les miennes dans cette élection. Mon action est accompagnée par vous toutes et tous ici mais aussi par tous ces grands anciens, et par ceux qui ont porté ce combat dans cette circonscription : Pierre Arraut, Myriam Barbeira, François Liberti et Sébastien Andral.

Non, ne vous y trompez pas :

Ce sont bien les quatre piliers de la démocratie sociale qui sont visés : la législation sociale avec le Code du Travail ; la protection sociale avec la sécurité sociale et les retraites par répartition, les services publics et notamment les trois branches : état, hospitalière, territoriale et toutes les politiques économiques à vocation sociale.

Leur programme est d’une violence terrible. Tout ce que nos anciens avaient gagné par leurs luttes et leur combat contre les Nazis. C’est bien toute la justice sociale depuis le code du travail en 1910, puis en 1936 avec le Front Populaire et le programme du CNR en 1945. Leur modernité à eux c’est le retour au XIX° siècle. Et bien nous n’en voulons pas. Nous portons haut et fort des idées de progrès et de justice sociale. Le SMIC à 1700 euros parce que c’est juste ! Pas de retraite au dessous du SMIC parce que c’est juste. Un travail pour tous ! Un logement pour tous ! Une école de qualité pour tous ! Un système de santé le meilleur possible pour tous. Parce que c’est juste. C’est juste un monde normal que nous voulons et force est de constater que ce monde normal n’existe pas ou n’existe plus dans ce pays.

Faudra-t-il reprendre le discours de Victor Hugo à l’Assemblée de 1849 ? On peut éradiquer la misère, cette lèpre qui ronge le corps social comme la maladie ronge le corps humain. La misère n’est pas une fatalité, le chômage n’est pas une fatalité pas plus que le racisme ou l’injustice ne sont des fatalités. Oui un autre monde est possible. Un monde de liberté, de justice et de fraternité. Et s’il faut revenir au XIX° siècle, je préfère celui de Victor Hugo à celui des maîtres de forge.

D’ailleurs dans cette campagne on réussit cet incroyable exploit de faire croire que les responsables de leur crise ce sont les plus pauvres : travailleurs pauvres, chômeurs, précaires, familles en galère et les vieux en détresse.

Qui est visé dans cette affaire?

C’est nous. C’est vous. Les classes les plus populaires. Les gens du peuple dont le seul patrimoine est souvent le service public, la solidarité et le fruit du travail.

Et la galère sociale elle existe dans cette circonscription : le revenu moyen par foyer fiscal y est de 1747 euros par mois, il est de 2046 euros dans l’Hérault et de 2225 euros en moyenne nationale ; 80% des retraités vivent avec moins de 1000 euros par mois, 25% avec moins de 833 euros ; 40% des jeunes sont au chômage, chômage qui atteint des taux records à Sète mais surtout à Agde et Pézenas ; 24% de la population est en dessous du seuil de pauvreté

Ne vous y trompez pas : les plans sont prêts. Les calendriers peaufinés, la méthode éprouvée : ils vont passer en force pendant l’été. On a même des fuites qui nous apprennent que les projets vont bien au- delà des annonces faites durant la campagne des Législatives.

La solidarité ce n’est pas leur affaire. La démocratie sociale, l’économie solidaire c’est 40% du PIB, 40% de la richesse nationale qui échappe à toute notion de profit, de dividendes, d’actionnaires, de secteur privé, de niches fiscales, de paradis fiscaux, 80 milliards d’euros par an de fraude fiscale. pour eux c’est insupportable. Les nouvelles niches de profit elles sont là : santé, sécurité, formation, éducation, ….

Et pourtant où on en est aujourd’hui ?

Nous appelons à construire, dès aujourd’hui des victoires aux élections législatives dans le maximum de circonscriptions pour pouvoir combattre résolument les choix libéraux d’Emmanuel Macron.

Nous appelons à construire, dès aujourd’hui des victoires aux élections législatives dans le maximum de circonscriptions pour pouvoir combattre résolument les forces ultraréactionnaires de l’extrême droite et de la droite.

Alors que les droites sont unies et en ordre de bataille pour les élections législatives, que le Front national veut élargir sa représentation nationale, c’est à nous, ensemble : les forces de gauche, de créer les conditions de ces victoires, pour une gauche de résistance et de combat forte à l’Assemblée nationale comme dans le pays, en élisant le maximum de députés prêts à défendre la jeunesse, le monde du travail, les quartiers populaires.

A l’expérience, les citoyens de notre pays savent que ce sont les députés communistes et Front de gauche qui ont été les adversaires les plus déterminés du ministre Macron et de la loi El Khomri. Ce sont des députés qui sont restés fidèles aux engagements pris devant leurs électrices et électeurs. Des députés honnêtes et intègres qui ont préservé une gauche debout.

Avec deux Députés Front de Gauche de plus, on bloquait la loi El Khomri et on envoyait un signal fort à tous les apprentis sorciers des Chicago boys en herbe.

C’est le meilleur service que l’on pouvait rendre à la gauche : mettre un coup d’arrêt aux trahisons et renoncements du gouvernement précédent mais aussi aux renoncements et trahisons de sa majorité parlementaire.

Ensemble, nous pouvons gagner cette circonscription.

Depuis janvier 2017, j’ai arpenté cette circonscription de long en large : les villages, les quartiers, les marchés, les entreprises.

Avec Sylvie Loubet, ma suppléante, j’ai rencontré les jeunes et moins jeunes, les salariés du public et du privé mais aussi les privés d’emploi, les pêcheurs et viticulteurs, les élus locaux : 19 maires sur 22….Toutes et tous, avec leurs mots, ils ont dit leurs inquiétudes, leurs colères, leurs espoirs.

Nous avons échangé sur ce profond désir et ce besoin vital de changement. Nous avons exposé le projet de société que nous porterons à l’Assemblée Nationale comme dans les luttes sociales.

Ensemble nous avons élaboré des propositions, engagé des premières actions, construit un vrai projet de territoire à l’échelle de cette circonscription.

Au fil des rencontres publiques, dans les jours à venir, nous allons exposer et débattre de ce travail collectif et le présenter à votre jugement.

Ensemble, nous pouvons gagner cette circonscription.

Dans cette circonscription, c’est la candidate du FN qui menace d’être élue, et nous devons prendre des initiatives inédites pour empêcher son élection.

Dans cette circonscription, face à un Front National qui atteint les 50.2%, la division sera mortelle.

Comme nous l’avons proposé partout, il est vital que les forces et les citoyens qui ont mené campagne, soutenu et voté pour notre candidat Jean-Luc Mélenchon et, au-delà, toutes celles et tous ceux respectueux des idéaux de justice et de paix s’unissent dans les urnes dès le premier tour sur la seule candidature à gauche capable de gagner.

Permettez-moi, en toute modestie de citer Jaurès au cours de ce formidable débat de 1905 qui aboutit à la séparation des églises et de l’Etat : « La France n’est pas schismatique, elle est révolutionnaire ».

Et bien, mesdames et messieurs, nous ne sommes pas schismatiques, nous sommes révolutionnaires : élus de terrain depuis des années, acteurs de toutes les luttes passées, présentes et à venir. Avec et pour le peuple. Pour mes camarades, pour mes frères humains.

Avec Sylvie Loubet, nous sommes de ceux qui n’ont jamais rien cédé, ni négocié avec les équipes de droite à Sète, à Agde ou à Pézenas. Celles- là mêmes qui portent à l’échelle locale la politique ultra libérale dont il faut se débarrasser partout dans le pays. Pas d’arrangement, pas de compromis, et pas de soutien à l’insu de notre plein gré.

Je le dis avec force et passion afin que ce soit entendu au-delà des murs de cette salle : jusqu’à l’esplanade et jusqu’à Agde.

Parce que nous sommes la France debout, c’est-à-dire la France qui lutte et qui se bat, c’est-à-dire la vraie France celle des patriotes de combat et de progrès.

Demain à l’Assemblée Nationale nous serons la voix de celles et ceux qui, dans la septième circonscription et dans tout le pays résistent, luttent et espèrent.

Il nous reste quatre jours chers amis, chers camarades. Quatre jours pour faire vivre jusqu’au bout ce formidable espoir d’une victoire populaire.

Alors je vous demande à toutes et à tous un dernier effort : collez, distribuez, discutez, mobilisez vos familles, vos amis, vos collègues de travail, vos camarades de lutte et vos compagnons de galère.

Pour nos enfants, pour nos petits enfants, pour que vive la sociale : cette élection on peut, on doit et on va la gagner.

Si se puede !

Jean-Luc Bou

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s